vendredi 8 octobre 2010

Despedidas....

Hola amigos!

Là, c'est vraiment la fin. J'accumule les despedidas (les fêtes de départ) depuis cette semaine. Tout d'abord, à l'atelier de cinéma de la prison de Las Flores, où un détenu m'a offert un poème. Un autre va donner à l'assistante sociale une fleur en papier made in Las Flores. Quand nous sortons de la prison, il pleut à verse. En observant les nombreux chiens qui traînent devant la porte de la prison, un prisonnier nous fait remarquer que ces animaux sont comme eux, qu'ils ont le même regard. J'avais oublié, à force de côtoyer des détenus, à quel point ils sont marqués par la prison.
Le jeudi, j'ai eu droit à ma despedida au centre Corazon de Maria, à Santa Rosa de Lima. Quand je suis arrivée, le matin, les bénévoles étaient en train de préparer des pâtisseries. Les enfants, qui font normalement leur atelier de bricolage dans le vaste corridor, n'étaient pas là. La soeur me dit que l'atelier a été annulé...alors qu'ils étaient enfermés dans la pièce voisine pour me préparer une surprise. Quand les enfants sont sortis, j'ai remarqué que les deux petites à qui je donnais le cours d'anglais me faisaient la tête, refusaient de me parler, leur façon de se blinder pour ne pas avoir mal. Quand on connaît leurs antécédents familiaux, on comprend pourquoi. A la fin des jeux, la plus jeune a même tenté de s'esquiver rapidement pour ne pas avoir à me saluer. J'ai vu que l'autre, sa soeur, avait écrit sur une carte: "Ta amo, te adoro....". S'il est parfois difficile d'arriver et de s'adapter, partir est encore plus dur.
A midi, nous avons eu un repas offert à la Casita de los chicos, un autre centre tenu par les soeurs. Je m'y suis rendue à pied avec les autres bénévoles du centre. Ce fut l'occasion idéale pour bavarder, observer la vie du quartier. Arrivée à destination, j'y retrouve Ludivine et Alex, ainsi que Leandro et Belen, les enfants d'une des bénévoles, qui venaient à mon cours d'anglais de l'après-midi. Leandro ne voulait pas me parler et semblait triste. Sa petite soeur s'est accroché à moi, alors qu'habituellement elle ne me démontrait pas de marque d'affection. J'ai aussi rencontré une volontaire de la pastorale pénitentiaire, qui vient aider à la casita. Alexandre, le séminariste français qui n'arrive pas toujours à comprendre le suisse romand, a accepté de continuer mon atelier d'anglais jusqu'à la fin de l'année. La vie continue ici, avec ou sans moi.
L'après-midi, nous avons accueilli l'autre groupe d'enfants. Le centre Corazon de Maria accueille les enfants et les mères le matin et l'après-midi. En Argentine, les enfants vont à l'école soit le matin, soit l'après-midi. Au moment des adieux, la soeur m'a offert un porte-clef à l'image de San Luis, le patron de leur congrégation. Une grand-mère, membre de l'atelier de tricot, m'a donné une écharpe, ainsi que les remerciements de son groupe. Pourquoi? La seule chose que j'ai faite a été de discuter avec les grands-mères en buvant un maté à la cuisine les jeudis après-midi. Cristina, la responsable de l'atelier de travaux manuel et la mère d'un de mes élèves d'anglais, semble émue. Je n'imaginais pas avoir eu un quelconque impact sur ces gens. Finalement, ce n'est pas ce que tu fais qui importe le plus, mais ta présence. Il a fallu que je m'en aille pour m'en apercevoir.

Hasta luego Argentina, voy a volver!

Hortensia


L'assistante sociale, Lili et Alberto (assis avec les lunettes), les fondateurs de l'atelier de cinéma à la prison de Las Flores:


Alberto, moi et quelques détenus de l'atelier de cinéma:



La soeur Rosana, venue du Brésil, la responsable du centre Corazon de Maria:



La salle où je donnais le cours d'anglais et qui sert aussi de garderie:


Quelques enfants du groupe du matin pour l'appui scolaire, la garderie et le bricolage:


Les cadeaux que les enfants m'ont offerts:


Un groupe d'enfants, parmi elles, les deux soeurs à qui je donnais l'anglais le matin:


Le groupe des bénévoles de Corazon de Maria


L'entrée de Corazon de Maria:


Une partie du groupe d'enfants de l'après-midi:


Les deux grands-mères de l'atelier de tricot, qui m'ont offert une écharpe:


Mes élèves d'anglais du groupe de l'après-midi:


Alexandre, mon successeur, prend déjà les bonnes habitudes, discuter avec les dames à la cuisine:


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